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Articulation – Guide de prise en charge

Suite à un échange avec une consœur logopède, qui cherchait des idées pour automatiser un phonème en langage spontané, j’ai pensé qu’il serait chouette de retracer les grandes lignes d’une prise en charge ciblant l’articulation. La dernière phase, d’automatisation, est détaillée ici : Articulation et Automatisation en langage spontané.

Voici donc, selon moi, les étapes-clés d’une rééducation d’un trouble articulatoire :

1. Sensibilisation et proprioception
  • Etape primordiale !
  • Affiner la sensibilisation et proprioception
    → permettre à l’enfant de conscientiser son trouble
    → priorité en ce début de prise en charge
  • Amener le patient à voir, entendre, sentir, ce qui se passe lors de sa production orale, et lors de notre propre production
  • Observer, comparer, et guider l’enfant pour qu’il découvre, par lui-même, les différences entre les deux types de productions (les siennes, et les nôtres)
  • Trouver les moyens d’aide les plus efficaces permettant à l’enfant de produire le son-cible : visuels (utilisation d’un miroir…), kinesthésiques (sentir ce qui se passe autour de la sphère oro-faciale : les lèvres, la langue…), auditifs (stimuler la discrimination auditive notamment…), etc.
  • Renforcement positif : il sera nécessaire de féliciter l’enfant, de l’encourager, dans ses tentatives et lors de bonnes productions. Ceci est valable tout au long de la prise en charge logopédique, et à la maison !
2. Les tâches induites
  • Etape s’effectuant dans le prolongement de la conscientisation
  • Moyens d’aide mis en place (exemple : pointer sa bouche du doigt et avancer les lèvres pour produire le son [ch])
  • L’enfant produit le son à l’état isolé avec le moyen d’aide (exemple : [ch ch ch] avec une image de petit train, ou “chhhh” avec la photo d’un personnage qui demande le silence)
  • Renforcement positif
3. Les tâches semi-induites
  • Etape dans laquelle on s’éloigne de l’induit, en se rapprochant tout doucement du langage spontané
  • Inciter l’enfant à produire des syllabes, des mots, des petites phrases, contenant le son-cible
  • Moyens d’aide utilisés si nécessaire
  • Matériels tels que les jeux présents sur le marché logopédique (Animasons – Orthoédition, Articule – Ortho&Logo…), des jeux-carottes associés à des cartes (Zoo des sons – Mot à mot, La fête phonologique – Orthoédition,…),
  • Renforcement positif
4. Automatisation et langage spontané
  • Automatiser les phonèmes dans le langage spontané

Dans les tâches induites et semi-induites, l’enfant sait ce que l’on attend de lui. On peut donc difficilement avoir un aperçu de son articulation « au naturel ». Il sait également pourquoi il se rend chez sa logopède, ce qui biaise encore une fois cette observation. Toutefois, c’est lors d’activités spontanées que nous pouvons au mieux juger de l’évolution de l’enfant. Cette dernière phase, d’automatisation, est détaillée ici : Articulation et Automatisation en langage spontané.

  • Activités de type PACE (activités, avec un cache entre le patient et le thérapeute, mettant en jeu la communication référentielle)

Ces activités « ouvertes » débouchent généralement sur des propos de l’enfant, dans lesquels il va raconter des anecdotes personnelles. Quoi de plus spontané ? 😊 Lors du récit de l’enfant, si nous remarquons une altération du phonème-cible, nous pouvons intervenir de manière non-verbale. Il s’agit alors de guider l’enfant en attirant son attention sur le son-cible grâce à notre moyen d’aide (cf. exemple : pointer sa bouche du doigt et avancer les lèvres, sans produire le son). En principe, cela amène l’enfant à s’autocorriger sans intervention verbale de notre part.

  • Collaborer avec l’entourage, et ce depuis la première étape !

L’entourage joue un rôle primordial dans l’automatisation de l’articulation. Ce sont eux qui voient l’enfant de la manière la plus spontanée qui soit : à la maison ! Tout au long de la prise en charge logopédique, nous devons leur expliquer les moyens d’aide mis en place en logopédie, afin qu’ils soient instaurés à la maison (cf. exemple : pointer sa bouche du doigt et avancer les lèvres pour produire le son [ch] tout en insistant sur ce son). Les parents auront pour mission de reformuler les propos de l’enfant, en utilisant les moyens d’aide conseillés (exemple : « Ahh, c’est ce chhhhhat (+ pointage) que tu as vu !). Au départ, il est fréquent que cela leur paraisse peu naturel : nous pouvons les rassurer en leur expliquant que ces moyens d’aide sont passagers, et s’estomperont spontanément au fil de l’évolution de leur petit bout.

  • Renforcement positif


Nous arrivons à la fin de ce guide de prise en charge articulatoire.

Et vous, qu’en pensez-vous? Suivez-vous ces étapes lors d’une rééducation d’un trouble articulatoire ? Avez-vous des chouettes conseils ou matériels à partager ? 🌞

Claire Tiraby

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